22/03/2007

Le saviez vous 2

Le kilt est une invention récente. Il a été créé par un Anglais (oui, un Anglais !!) aux alentours de 1720/1730. Ce propriétaire d'une manufacture dans les western highlands avait remarqué que le costume traditionnel (le grand plaid ceinturé) n'était pas pratique pour travailler sur des machines.
Il imposa à ses ouvriers de venir travailler avec un vêtement constitué de la partie inférieure du plaid, celle qui forme une "jupe". A priori, il fallait donc l'apprèter à chaque fois puisqu'il ne devait pas etre cousu et se "farcir" le plissage aussi...
Ce costume n'était pas très prisé et à disparu lui aussi du fait de la loi de 1746, interdisant le costume traditionnel des highlands.
Le XIXème siècle et sa vague "romantique" a déferlé sur le Royaume-Uni avec un écrivain célèbre en tête, Walter Scott. Pour des festivités en l'honneur du roi en visite en Ecosse, il est chargé de monter des festivités grandioses.S'appuyant sur les travaux de deux frères qui prétendaient (faussement) descendre de la lignée des Stuart et du "renouveau" du "phillabeg" (le vêtement évoqué ci-dessus) appelé alors "kilt", il fit s'habiller tous les écossais présents aux festivités dans le costume que nous connaissons encore aujourd'hui. Il diffère du phillabeg par le fait que la taille est un peu plus basse, qu'il ne nécessite pas de ceinture à part pour le tenir et que les plis sont cousus.
Un peu à l'image des médiévistes envers Viollet le Duc, on peut repprocher à Sir (il fut annobli par la suite) Walter Scott d'avoir eu beaucoup d'imagination et peu de rigueur historique et culturelle. Le kilt est donc très artificiel dans le costume écossais car :
1) il n'est pas censé n'etre qu'une "jupe" historiquement
2) il n'est pas censé etre le costume des Ecossais, mais des montagnards (traduction peu poétique du terme "highlanders"). Cent ans avant Walter Scott, beaucoup de "Scotts" (écossais non-highlanders) auraient préférés se faire tuer sur place plutot que de porter le costume des "sauvages irlandais"
3) jamais un clan ne s'est identifié par le motif de son tartan, mais par son "switchantas" (je ne garanti pas l'orthographe) : le brin de plante fétiche de chaque clan.
Lorsque j'étais en Ecosse en 1998, mes discussions sur le sujet étonnaient beaucoup les Ecossais car ceci n'est pas très connu là-bas. Cependant, un copain qui y est allé en 2000 m'a confié qu'on retrouve des plaids à nouveau chez les tailleurs traditionnels et que cette "histoire du kilt" est de plus en plus connue.
Il ne faut pas en déduire que se mettre en plaid résoudra un quelconque problème d'authenticité pour autant. En effet, la plus ancienne représentation du costume highlander avec le plaid que je connaisse date des environs de 1560, ce qui correspond d'ailleurs aux indications que l'on peut trouver dans les textes.
Au XVème siècle, on porte le costume "irlandais" (ce qui est juste, mais les textes du XVIIème qualifient aussi encore de façon abusive selon moi d'irlandais le costume composé du plaid) : le leine et le brat.
ATTENTION on ne le porte que dans les highlands, régions reculées et souvant coupées du reste de l'Ecosse.
Je rappelle que toute l'histoire "ancienne" écossaise a été faite par les "Scotts", pas par les montagnards isolés dans leur "bled". Je suis passionné par eux, certes, mais il faut aussi etre objectif un tant soit peu...
Je n'ai JAMAIS trouvé de texte européen mentionnant le costume particulier des highlanders avant la fin du XVIème siècle. Les mercenaires écossais et la garde royale de Charles VII puis Louis XI étaient des "lowland Scotts". On peut cependant raisonnablement penser qu'1 ou 2% aient été des montagnards, mais ils étaient alors vétus comme tout européen occidental du XVème siècle.
Donc lorsque vous verrez la prochaine fois l'un de ces innombrables "highlanders" sur une fête médiévale, vous pourrez faire comme votre serviteur : POUFFER DE RIRE DANS VOTRE COIN ou SECOUER LA TETE D'UN AIR NAVRE !!!!!!!!!!
A noter que cela énerve au plus haut point nos voisins reconstitueurs britons, surtout ceux qui ont des origines écossaises.
DONC PAS DE TARTAN, PAS DE KILT NI DE PLAID CEINTURE AU MOYEN-AGE !!!!!!!!!!
(source indéterminée)

 

Website :

http://medieval.mrugala.net


La Garde écossaise
de Charles VII

 

 


" Déjà en 1422, Charles VII avait créé, avec uniquement des hommes d'armes écossais à qui il faisait entière confiance, une compagnie de Cent hommes d'armes pour la garde du Roy ou Cent lances de la garde qui deviendra en 1445 la première des quinze compagnies de gens d'armes d'ordonnance, sous le commandement de Jean Stuart d'Aubigny, le fils de celui qui avait été tué près d'Orléans en 1429, puis la compagnie écossaise de la gendarmerie de France.

" En 1440, il forma une compagnie écossaise d'archers à cheval, cavaliers plus légers permettant d'assurer une garde plus rapprochée de sa personne, que l'on appela les Archers du Roy. Ils étaient commandés par Robert Pattiloch qui prendra en 1445 la tête de la deuxième compagnie de gens d'armes. C'est l'ancêtre de la compagnie écossaise des gardes du corps du roi.

" Il semble que cette compagnie d'archers fut obtenue par dédoublement des Cent lances, car rappelons qu'une lance comprenait à la fois des hommes d'armes et des archers. C'est peut-être les archers accompagnant les hommes d'armes qui furent regroupés en une compagnie indépendante.

" La garde personnelle rapprochée de Charles VII était confiée à vingt-cinq archers dits Archers du corps. Ils deviendront les vingt-quatre Gardes de la Manche et le Premier homme d'armes de France, au sein de la compagnie écossaise des gardes du corps de la Maison du Roi.

La brillante tenue de ces archers écossais de la garde, certainement réservée aux parades et cérémonies, nous est connue par deux sources différentes qui se recoupent assez exactement.

 

" L'une est une relation écrite de l'entrée solennelle de Charles VII à Rouen en 1449, à l'issue de la reconquête de la Normandie. Le chroniqueur Mathieu d'Escouchy écrit: "Après viennent la grande garde du roi, archers et cranequiniers de cent à six-vingts qui étaient mieux en point que tous les autres et avaient hoquetons sans manche, de vermeil, de blanc et de vert, tout chargés d'orfèvreries, ayant leurs plumes sur leurs salades desdites couleurs et leurs épées et harnais de jambes garnis richement d'argent."

" L'autre source est iconographique et contemporaine. Jean Fouquet a peint en 1454 une adoration des mages pour le livre d'heures d'Étienne Chevalier (Musée de Chantilly), où le roi Charles VII (en roi mage...) est entouré des archers écossais de sa garde.

" Au premier plan se détache ce qui semble être le capitaine, sans doute le futur Premier homme d'armes de France, qui se distingue par un joyau représentant trois fleurs de lis de jardin sur le devant de son casque, par le port d'une dague, et par l'absence de bouclier.

" Les hommes placés derrière lui portent la même tenue, avec une épée au lieu de la dague. Ils sont armés soit d'un arc long, soit de la même guisarme que l'officier mais ont alors un bouclier. Ce bouclier n'est pas la targe ou rondache typique des Écossais. Même en admettant le phénomène de perspective bien apprécié par l'artiste, il n'est pas rond mais nettement oblong, apparemment recouvert de cuir naturel, avec un fort umbo hémisphérique de métal blanc entourés de lis de jardins peints au naturel (tiges et feuilles vertes, fleurs blanches). Tous ont les protections de membres complètes en acier, avec éperons puisqu'il s'agit d'archers à cheval, et un casque en forme de salade, du modèle à fausse visière très courante au milieu du XVe siècle, surmonté de trois plumes verte, blanche et rouge (couleurs constituant la livrée de Charles VII) dont la tige est recouverte d'un rang de perles et qui sortent d'un petit tortil aux trois couleurs royales. Ils ont un gorgerin de mailles et des spalières de cuir noir clouté d'argent.

" La pièce d'uniforme remarquable est le hoqueton, décrit par Mathieu d'Escouchy, à trois bandes rouge (presque rose), blanche et verte (pâle), la jupe formée de bandes alternées de ces trois couleurs. Ce hoqueton est décoré par de l'orfèvrerie, des perles ou des petits clous dessinant sur le buste des fleurs centrées sur chaque bande de couleur et qui sont nettement des lis de jardin 2 dont les tiges viennent se rejoindre à hauteur du nombril. Sur la jupe, les motifs sont plus difficilement discernables mais il nous semble toutefois y reconnaître également des lis, déformés par leur allongement sur chaque bande de couleur.

" Cette tenue est trop brillante pour être portée journellement et en service de campagne. Le hoqueton devait alors être remplacé par une cotte ou une brigandine beaucoup plus simple. Nous en connaissons le modèle en 1480 grâce à la pierre tombale de Guillaume Le May, capitaine des Six-vingts archers du Roy. Ce capitaine porte les mêmes protections de membres que ci-dessus, avec gorgerin de maille et casque assez semblable à la salade à fausse visière mais plus emboîtante, l'arc à la main et le carquois à ses pieds. Surtout, il porte une brigandine de cuir clouté, avec grande protection d'épaule identiques aux spalières montrées par Fouquet, mais dont une bande centrale, vraisemblablement d'étoffe, est orné d'une croix. Il s'agit certainement de la croix blanche des armagnacs, mais nous ignorons la couleur du fond, peut-être bleue ou plus sûrement rouge.

 

" Curieusement – quant on connaît l'antagonisme qui animait le père et le fils – Louis XI conservera sa confiance aux archers écossais de Charles VII et lui, qui à la fin de sa vie voyait des complots partout et un meurtrier en chacun de ses familiers, ne supporta que la présence des Écossais à ses côtés dans la clôture qu'il s'imposait dans son château de Plessis-lès-Tours. "

(extrait de l'article "L'Auld Alliance : les Écossais au secours du roi de France au Moyen Âge" par Jean-Claude Colrat, in Le Briquet n° 3-1998, spécial "Les Écossais au service de la France").

 

 

 

 

 

 

 

 

22:30 Écrit par Jean-Pierre Ferenkak - sculpteur dans Medieval | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Aaaah, le kilt ! J'ignorais son histoire (enfin pas tout !), du moins qu'il était d'origine anglaise...
Voilà que j'irai me coucher ce soir moins bête qu'au réveil ce matin !!!!
Merci pour ces connaissances....
P.S. Le texte sur la Garde écossaise de Charles VII n'est pas très lisible (ton sur ton) et c'est dommage !

Écrit par : Sybille | 23/03/2007

La Garde Ecossaise de Charles VII Hello, c'est dommage avec l'article de Charles VII de la garde écossaise que le texte est sur fond sombre....j'ai de bonne photos pour toi et cet article

Écrit par : jehan de crèvecouer | 07/04/2007

Gif Bonjour, j'ai trouvé au hasard de mes recherches sur le net, un site où vous pourrez trouver des GIF sur le Moyen-Age au cas où vous aimeriez agrémenter votre blog. Je me permets de vous communiquer le lien :
http://jujustine.oldiblog.com/?page=articles&rub=35480
J'espère lire bien vite un nouveau sujet sur votre blog...

Écrit par : Sybille | 18/04/2007

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